La réforme du lycée menée par le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer a accru les inégalités entre filles et garçons en mathématiques, avec une chute de la part des filles qui étudient cette matière, ont dénoncé mardi 25 janvier des associations et instituts de recherche en mathématiques.

« Les sociétés savantes et associations de mathématiques alertent sur l’aggravation des inégalités filles/garçons en mathématiques au lycée, anéantissant brutalement plus de 25 ans d’efforts », ont déploré dans un communiqué l’APMEP (Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public), l’association Femmes et mathématiques, la Société mathématique de France (SMF), l’Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques (UPS), les Irem (Instituts de recherche sur l’enseignement des mathématiques) ou encore l’Association pour la recherche en didactique des mathématiques (ARDM).

« Alors que la part des filles en terminale S progressait régulièrement depuis 1994, la part des filles dans l’enseignement de spécialité mathématiques en terminale est redescendue en dessous du niveau de 1994, chutant de près de 8 points après 2 ans de mise en place de la réforme », déplorent ces organismes, s’appuyant sur des chiffres publiés en 2021 par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation (Depp).

Ils soulignent que « ce décrochage est encore plus édifiant en première générale, où près de la moitié des filles abandonnent les mathématiques en fin de seconde en 2021, alors qu’elles étaient jusqu’en 2018 environ 83 % à poursuivre un enseignement de mathématiques ».

Au vu de ces chiffres, ces associations estiment que « les conséquences de cette rupture sont désastreuses, tant pour l’avenir des filles que pour la formation en mathématiques de l’ensemble des citoyennes et citoyens ».

Car, expliquent-elles, « les filles se ferment les portes de la plupart des études scientifiques, qui mènent aux emplois et aux carrières parmi les mieux valorisés ». Et, ajoutent-elles, « les métiers de l’enseignement, très fortement féminisés […] risquent également de subir de plein fouet le défaut de formation dû à l’abandon massif des mathématiques par les filles en première ».

« Alors que dans les études internationales les plus récentes, la France se trouve actuellement parmi les derniers des pays de l’OCDE en mathématiques à l’école et au collège, on ne peut que s’inquiéter de l’avenir », estiment-elles.

Avec la réforme du lycée, qui a mis fin à la rentrée 2019 aux traditionnelles séries (L, ES et S), les mathématiques sont désormais enseignées sous forme de spécialité, en dehors du tronc commun. Les élèves font désormais le choix de trois spécialités pour la première, ramenées à deux en classe de terminale.

Konbini news avec AFP