C’est une innovation digitale pour se mettre dans la tête de son collègue, déficient visuel ou de sa camarade de classe dyslexique. « Gamino » est né pendant le premier confinement. Cette plateforme ludique, résultat d’un intense travail d’équipe, est née d’un besoin de poursuivre les accompagnements en entreprise malgré la pandémie.

Comment démystifier le handicap ? Comment changer les regards dès le plus jeune âge ? Une solution ludique a été créée : le jeu vidéo Gamino permet de se voir à la place des personnes en situation de handicap.

Les enfants d’aujourd’hui sont les managers de demain

Camille Maldjian

responsable de la stratégie chez « Gamino »

Cette sensibilisation par la ressemblance embarque les enfants. L’entreprise « Startup For Kids », qui prépare les plus jeunes à l’innovation et à la créativité, multiplie les ateliers organisés avec les scolaires. À Paris, dans le 17e arrondissement, l’école 42 a accueilli des élèves pour une journée de sensibilisation au handicap avec les créateurs de Gamino. Des filles et garçons d’environ 8 ans invités à s’immerger pendant 45 minutes dans un univers différent : quiz, devinettes, petits exercices ludiques pour acquérir du vocabulaire et développer un autre regard. 

« Plus on s’y prend tôt, plus on favorise la bienveillance, l’empathie et on désamorce des situations de harcèlement », raconte Damien Caillaud, expert sur le sujet du handicap et co-fondateur de la plateforme. Les écoliers adorent : le concept est proche de celui d’un jeu vidéo et ils n’ont aucun mal à se mettre dans la peau de l’autre, pour découvrir la lecture labiale ou le tremblement essentiel.

Banaliser le handicap, c’est mon objectif !

Damien Caillaud

expert, formateur et co-fondateur de Gamino

Ces échanges à l’école 42 ouvrent les esprits dans les foyers, pour enlever les tabous et susciter le sentiment d’empathie chez des jeunes, qui découvrent souvent pour la première fois ces handicaps. Les ateliers sont réalisés avec la participation des enseignants, partie prenante dans l’aventure. L’enfant, une fois chez lui, va en parler à ses parents, expliquer à ses proches ce qu’il vient de vivre. Il va diffuser des informations sur les différentes familles de handicaps, moteur, sensoriel, psychique, mental, ainsi que des anecdotes. Certains ne se voient pas à l’oeil nu : c’est ce qu’on appelle les handicaps invisibles. 

Cette initiative a été créée pour changer les comportements, construire une société plus inclusive et bienveillante. La France est en retard, loin derrière l’Italie et la Suède, dans le domaine de l’inclusion précoce, alors que près de 12 millions de personnes sont en situation de handicap dans le pays.