L’utilisation du gombo ou d’autres plantes gluantes pourrait permettre de filtrer le microplastique des eaux usées, sans utiliser de produits de synthèse. C’est la conclusion de recherches menées par une équipe de scientifiques de la Tarleton State University au Texas.
Le gombo pourrait ainsi offrir une alternative à l’utilisation de produits chimiques dans les usines de traitement des eaux usées. Une alternative durable.

E. Lefèvre Publié le 28 mars 2022 à 08h59

Les microplastiques proviennent de l’immense quantité de plastique produite depuis les années 50, estimée à quelque 8 milliards de tonnes, dont seulement 10% ont été recyclés. Le reste s’est éparpillé aux quatre coins de la planète, des océans aux cours d’eau, dans l’air et jusque dans nos aliments.
D’une taille de 5 millimètres ou moins, ces particules nuisent particulièrement aux poissons, notamment en perturbant leur système reproductif ou leur croissance. Les usines de traitement des eaux usées les éliminent généralement en deux temps: ceux qui flottent à la surface sont retenus, puis des produits chimiques appelés floculants permettent d’agglutiner le reste pour le filtrer plus facilement.

Mais ces floculants peuvent se décomposer en d’autres substances, qui sont elles toxiques. L’équipe de la Tarleton State University a donc cherché à savoir si des plantes facilement accessibles comme le gombo, les aloès, les cactus, le fenugrec ou le tamarin pourraient les remplacer.
Des essais, utilisant des extraits d’une seule plante ou de plusieurs, ont donc été réalisés avec des eaux polluées aux microplastiques.    

Au terme de leur expérience, les scientifiques texans ont déterminé que l’association d’extraits de gombo et de fenugrec était la plus efficace dans l’eau de mer, et qu’une variante gombo-tamarin était la meilleure solution pour l’eau douce.
Surtout, ils ont établi que les composés naturels issus de ces plantes, des polysaccharides, sont au moins aussi efficaces, sinon plus, que les floculants synthétiques. Or, ces produits à base de plantes sont à la fois non toxiques et déjà utilisables dans les stations d’épuration telles qu’elles existent aujourd’hui.

Encore une illustration de l’importance de la biodiversité pour notre résilience. La chercheuse Rajani Srinivasan, qui a conduit ses travaux, espère pouvoir, à terme, commercialiser ce procédé pour permettre un plus large accès à de l’eau propre. Une annonce qui tombe en plein forum de l’eau, à Dakar, où la question de l’assainissement est au centre des discussions.  

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Le gombo est un légume typique de l’alimentation africaine. On le retrouve également dans le sud de l’Europe, en Inde, au Moyen-Orient, aux Antilles et en Amérique du Sud. Le gombo, aussi appelé okra, est consommé cru, cuit et parfois sous forme déshydratée. Sa saveur et sa texture particulière, ainsi que les composés nutritifs qu’il contient en font un légume qui gagne à être connu.